El Lago
Home
Up
Arequipa - Photos
Arequipa, Ciudad Blanca
Lac Titicaca - Photos
El Lago
Cuzco - Photos
Machu Picchu - Photos
Au coeur de l'Empire Inca
La Jungle - Photos
La Jungle - Journal

30 / 08 / 2003 - 20 / 09 / 2003

 

Après un trajet en bus mémorable (attente, changement de compagnie, re-attente, barrage de police, hauts-parleurs déchaînés et chauffeur cinglé), au final nous sommes entiers et prêts pour partir sur les traces du « Puma Cendré » (Titi-caca) (NDWM: c'est marrant, j'ai toujours cru que ça voulait dire « Canari Incontinent »...), le lac « habité » le plus élevé du monde (3'800 mètres). Pour le découvrir, nous avons décidé de nous écarter un peu du circuit touristique habituel. Avant d’aller sur les îles d’Amantani et de Taquile, nous ferons un stop de 24 heures à Llachón, une péninsule peu habitée et surtout peu visitée. En chemin, nous nous arrêtons sur les îles Uros. Des populations exilées avaient dû construire ces îles flottantes faites de totora (une sorte de roseau qui pousse en abondance dans le lac) pour échapper à la famine. Des Indiens parlant le Quechua y vivent depuis des siècles et, grâce au tourisme, ils ont pu améliorer sensiblement leur train de vie. Electricité et télévision font tâche dans cet univers de simplicité et de roseaux. Nous marchons sur ces îles flottantes, méfiants. A chaque pas, on sent l’eau toute proche, la paille s’enfonce, mais par miracle, nous restons à pied sec. Ces îles résistent pendant une génération avant d’être laissées à l’abandon. Les huttes sont refaites tous les 6 mois. Sans les touristes et leurs $, ils auraient sûrement plié bagage depuis longtemps, pour plus de confort et moins de rhumatismes.

Nous voguons à nouveau 2 heures sur les eaux paisibles et fraîches du lac. Le bateau nous dépose comme prévu à Llachón et s’éloigne avec le reste des touristes qui poursuivent leur périple vers Amantani. Seuls et un peu désorientés, nous nous demandons à quelle sauce nous allons être mangés. Une vieille femme lave son linge dans le lac, des hommes déchargent les racines de totora qui serviront à recouvrir leurs maisons. Puis, soudain, Eugenio apparaît. Il est timide et semble peu habitué à voir des gens comme nous débarquer, mais il nous fait comprendre dans un espagnol teinté de Quechua que nous devons le suivre. Serions-nous attendus ? Il nous conduit devant 3 petites maisons en adobe et nous comprenons que c’est là que nous allons dormir. Rustique, mais très mignon en fait. Nous partagerons une chambre avec Jérôme et Véro pour se tenir chaud, chacun son lit tout de même. En demandant le prix de la chambre, nous remarquons qu’Eugenio hésite. En fait, il n’a pas vraiment d’idée donc c’est nous qui fixons le prix ! 10 Soles, petit-déjeuner inclus, il accepte tout sourire. La famille est réunie, ils nous auscultent, guettent tous nos mouvements. Ils sont à nos petits soins. On sent beaucoup de gentillesse et de simplicité chez ces gens-là. Leur fils Vidal a 16 ans, c’est lui qui est venu à notre rencontre dès sa sortie du collège en apprenant que des étrangers étaient arrivés. Tout naturellement, il nous a proposé de nous accompagner pour une petite balade sur l’unique piste qui surplombe le lac. Le ciel est d’un bleu éclatant, l’air est sec et le contraste avec la terre et les épis de paille sont un régal pour les yeux. Le village n’est pas loin et, arrivés sur la « place », Vidal nous propose une partie de foot que nous acceptons évidemment. Un aller-retour et nous sommes déjà morts, ne trouvant plus suffisamment d’oxygène pour nos corps d’athlètes. Mais nous prenons le coup et nous nous amusons bien pendant que les filles papotent sur le banc de touche. Score sans appel en faveur des 2 gringos, nous poursuivons notre route. La nuit tombe et après un bon repas, nous nous endormons sans problème, même le froid n’a pas de prise sur nous. Le petit-déj. restera aussi un très bon souvenir. Une fois de plus nous sommes gâtés, de jolies poteries et tous les ingrédients pour nous mettre de bonne humeur. Ce matin, Vidal vient nous jouer de la flûte, nous promène sur une barque et nous parle de ses attentes, de ses rêves. Le temps est (trop) vite passé et, vers 13h, un autre bateau avec d’autres touristes vient nous récupérer. Le cours normal des choses va reprendre, nous avons un pincement au cœur en quittant Vidal, sa famille et ce lieu inoubliable. Le reste du voyage en est changé et les comparaisons seront dès lors difficiles…

 

Home | Up | Arequipa - Photos | Arequipa, Ciudad Blanca | Lac Titicaca - Photos | El Lago | Cuzco - Photos | Machu Picchu - Photos | Au coeur de l'Empire Inca | La Jungle - Photos | La Jungle - Journal