De Exmouth à Darwin
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De Exmouth à Darwin

10 / 03 / 2003 - 10 / 04 / 2003

Pour ceux qui auront lu notre premier texte sur l'Australie, ils se souviendront que nous étions à Exmouth (sur la cote ouest), en attendant le passage de "Inigo" (un cyclone de force maximum qui s'est finalement désintégré avant de toucher terre), et priant pour nager avec un requin baleine. Même si la saison avait bien commencé, les chances d'en voir un étaient faibles et les répercussions du cyclone nous faisaient craindre le pire, mais le jour "J" est arrivé avec l'excitation que vous pouvez imaginer...

"Experience of a Lifetime", comme ils l'appellent là-bas : et lorsque vous devez sortir vos 290 A$, vous vous dites "y'a intérêt !" Surtout que le risque existe de ne pas voir ce pour quoi vous payez si cher : le majestueux, le magnifique requin baleine, le plus gros poisson du monde. Ce colosse qui peut atteindre jusqu'à 18 mètres de long ne s'alimente que de plancton et de petits poissons. Très rare et difficile à observer, sauf lorsqu'il se rapproche des cotes pour se nourrir après la prolifération du corail, comme celle qui a lieu à Exmouth de mars à juin. Nous grimpons dans un bus avec masque, palmes et tuba, direction le port. Là, nous découvrons que nous allons partager cette "Experience of a Lifetime" avec non pas 1, mais plusieurs bateaux remplis d'autres personnes. Une fois embarqués, nous observons l'horizon à la recherche d'on-ne-sait-pas-trop-quoi. Un avion tourne, c'est le spotter plane, celui sur lequel repose l'espoir de près de 80 touristes. Les heures passent. Nous commençons à faire connaissance, apprenons que cela fait plusieurs jours consécutifs qu'aucun requin baleine n'a été vu. La déception pointe le bout de son nez... lorsque tout à coup, le skipper crie "We've got a shark !". Moteurs aussitôt poussés à fond, le bateau se dirige vers l'endroit ou l'avion tourne. "Group one, get ready !", crie l'équipage. Nous nous précipitons à l'arrière du bateau, empêtrés avec nos palmes, en essayant de ne pas écraser celles des autres... "Go! Jump! Quick, quick, quick! Jump!". Nous sautons, ne sachant ou aller ni à quoi nous attendre, espérant seulement ne pas recevoir sur la tête un touriste maladroit. A moitié suffoqués par l'excitation, nous palmons comme des fous sans la moindre idée de ce que nous allons voir. Et soudain, le voilà, droit en face de nous. Quelques coups de palmes suffisent à nous maintenir à ses cotés. Un énorme poisson de 7 mètres, gris tacheté de blanc, la gueule béante, occupé à filtrer l'eau, qui évolue sereinement près de la surface. Dans son sillage, une myriade de petits poissons, et maintenant nous ! Les autres ont disparu, il n'y a plus que le bruit de notre respiration, nos mouvements synchronisés avec la splendide créature et l'étendue bleue qui nous entoure. (Photos disponibles dans la rubrique "Bulles et poissons")

En dehors de cette journée qui restera gravée dans nos mémoires, la barrière de corail du "Ningaloo Reef" nous a laissé nos meilleurs souvenirs de masque-tuba à ce jour. Mais il est temps pour nous de reprendre la route. Tiens, parlons-en de cette route : la North West Coastal Highway. Malgré son nom, elle ne longe pas la cote, hélas, mais traverse des étendues mornes de bush australien. Des lignes droites qui se perdent à l'horizon, peu de véhicules à part les "Road Trains", ces camions à 3, voire 4 remorques de près de 50 mètres de long. Pas faciles à doubler, mais c'est pas grave, ils vont tellement vite qu'en général, c'est plutôt eux qui nous doublent ! Les pauvres kangourous sont les victimes de ces monstres. Sans doute affolés par le bruit et les phares, ils se jettent par dizaines devant ces camions qui ne dévient pas d'un pouce de leur trajectoire. Nous nous retrouvons souvent à devoir slalomer entre ces cadavres, à des stades plus ou moins avancés de décomposition. Les Highways australiennes, ce sont aussi les "Roadhouses" : la Wannoo Billabong RH, l'Overlander RH ou encore la Minilya RH. Des noms qui font rêver aux grands espaces, mais ce ne sont que de grandes stations service poussiéreuses, perdues au milieu de nulle part, écrasées sous le soleil. A l'intérieur, outre les toilettes (pas très propres), on y trouve quelques brochures touristiques, du "take-away" typiquement australien... et l'odeur de friture qui va avec ! Bref, on fait le plein, on débarrasse le pare-brise des milliers d'insectes, et on redémarre vite fait !

Quelques 1'500 km plus tard, nous voilà aux portes des Kimberleys, "l'un des derniers espaces vierges du pays" (dixit Lonely Planet). Et on comprend pourquoi cette région superbe reste peu visitée et isolée. D'abord, le climat y est extrême, de fortes pluies transforment les rivières en torrents infranchissables pendant le "Wet" (saison humide) et la chaleur devient étouffante pendant le "Dry". Ensuite, les Kimberleys hébergent un grand nombre de crocodiles et d'alligators très agressifs, ainsi que des serpents, des araignées et tout ce que la terre compte de sales bêtes. Une nuit ou nous campions en sauvage, Christèle sort toute seule dehors pour la pause-pipi. Plus rien ne lui fait peur. Enfin presque. Un cri... ksssss kssss un serpent, qui s'est fait surprendre en train de mater, et qui a aussitôt déguerpi ! Mais pourquoi aller dans un endroit pareil, nous direz-vous ? Et bien, justement, pour "vivre" la vraie aventure australienne ! Et aussi pour découvrir des paysages absolument grandioses : des gorges vertigineuses, des canyons, des forêts de baobabs et de tranquilles rivières ou les crocodiles se dorent la pilule au soleil... Bref, nous avons vu tout ça, c'était magique et les centaines de photos sont là pour en témoigner.

Avant d'atteindre Darwin, nous avons traversé les territoires aborigènes. Pas facile d'entrer en contact avec ce peuple, qui vit soit reclus dans des "réserves" interdites d'accès, soit marginalisé dans les villes en raison de l'alcoolisme, véritable fléau. Triste sort pour cette population ignorée, puis massacrée par les colons. Le seul moyen de les approcher, indirectement, c'est à travers leur art : peintures, instruments de musique (dont les fameux didgeridoos), objets de chasse (boomerangs), de culte etc.. Nous arrivons à Darwin, le point final des 9'000 km parcourus sur la cote ouest, et passons notre soirée au milieu de la foule. On n'avait plus l'habitude ! Le marché du jeudi soir est coloré et nous ne savons que choisir parmi les stands indiens, chinois, thai ou malais. Et oui la proximité de l'Asie se fait sentir et cela n'est pas pour nous déplaire.

En route maintenant pour le centre, Alice Springs, Uluru et d'autres aventures...

 

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