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08 / 02 / 2003 - 11 / 02 / 2003

Les temples d’Angkor

Je rêve depuis plusieurs années de découvrir les temples d’Angkor. Pour la 2ème fois, l’instabilité latente de ce pays blessé a bien failli me faire rebrousser chemin. La 1ère fois, c’était en 1997 et je devais m’y rendre après ma visite du Vietnam. Un coup d’état et des chars dans Phnom Penh m’avaient découragée. Cette fois, ce sont les propos d’une actrice de TV thaïlandaise qui ont mis le feu aux poudres : ambassade et hôtels mis à sac à Phnom Penh, frontières avec la Thaïlande fermées... Une vraie poudrière que ce Cambodge, toujours prêt à exploser ! Peut-être la conséquence d’une histoire sanglante mal digérée. Quand on pense que les Khmers Rouges, sous la direction de Pol Pot, ont mis le pays à feu et à sang entre 1997 et 1998 et qu’ils n’ont jamais été jugés...Bref, cette fois sera la bonne, et c’est avec beaucoup d’excitation que nous pénétrons sur le site d’Angkor. Comme moyen de transport, nous avons choisi la mob’, une fois de plus. Le “grand circuit” compte en effet une trentaine de Kms et les températures annoncées tournent autour de 40 degrés ! Trop chaud pour le vélo ! Et puis nous nous sommes dits qu’il serait plus facile d’échapper aux cars de touristes en nous déplaçant rapidement. 12 Kms depuis la ville de Siem Reap, une belle forêt à traverser et ce n’est qu’au tout dernier moment que les majestueuses tours d’Angkor Vat se découvrent. Plus grand monument d’Angkor, magnifiquement restauré, il permet d’imaginer les fastes des cours royales khmères entre le Xème et le XIIIème siècles. C’est superbe, indéniablement, mais la magie n’opère pas. Il nous faudra attendre les temples de Ta Prohm et de Preah Khan pour tomber sous le charme. Ceux-ci ont été laissés à l’état semi sauvage par les archéologues qui ont choisi (judicieusement) de conserver l’apparence du site tel qu’ils l’ont re-découvert vers 1860. Certes ils ont consolidé ça et là, déblayé quelques entrées et coupé des lianes, mais la jungle n’a pas perdu ses droits. Des arbres gigantesques enjambent les porches, des racines enserrent les statues et soutiennent les charpentes de pierre. Ajoutez à ce spectacle les bruits de la jungle et vous vous sentez l’âme d’un explorateur ! D’autant plus que les touristes se font discrets. Ici tout le monde chuchote, se perd dans les couloirs et respecte l’éternité du lieu. Autre coup de coeur pour le Bayon, un temple statue dédié à une divinité hindoue au nom imprononçable : Avalokiteshvara. D’énormes visages au sourire énigmatique tournés vers les 4 points cardinaux qui donnent l’impression d’être épié de toute part. La magie du lieu est renforcée par la lumière du soleil qui révèle peu à peu chaque figure, accentue tel ou tel sourire, parfois jusqu’à la grimace. Et là encore, très peu de touristes. Juste une toute petite nonne au crâne rasé et à la toge blanche (la couleur safran étant réservée aux hommes) qui nous accueille dans l’un des multiples recoins ou se cachent un Bouddha et des offrandes. Elle baragouine, nous offre un large sourire édenté, nous tient les mains en nous donnant de l’encens. Instant d’éternité.

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